Le coach agile est-il un psychologue ?

J’ai passé du temps avant de me décider : quel titre mettre à cet article ? Quel message je veux faire passer ? Quel est le fond du sujet ? Après un long débat avec moi-même me voilà revenu sur ma première idée…Finalement c’est bien ça le coeur du débat mais je vais tout de même préciser un peu la question : un coach agile / scrum master / manager 3.0 (j’en oublie certainement) doit-il avoir de solides connaissances en psychologie pour bien faire son travail ?

Un coach agile / scrum master / manager 3.0…doit-il avoir de solides connaissances en psychologie pour bien faire son travail ?

Un peu de vocabulaire

Psychologie

Pour être méthodique il nous faut commencer par définir les différents termes de la questions. Commençons donc par psychologie. La première définition du dictionnaire Larousse nous dit :

Discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement.

Autrement dit, un psychologue doit être capable de comprendre les réactions des gens dans un contexte donné. Au quotidien, un coach agile doit former et accompagner les personnes vers une meilleure façon de travailler, de s’organiser et d’apprendre. Il n’est pas là pour donner les réponses (pas toujours en tout cas) mais bien pour aider les gens à trouver des solutions. Comprendre ce qui se passe dans la tête des personnes que l’on accompagne et le système dans lequel elles évoluent semble être assez important.

Pédagogie

Vu qu’on parle de former et accompagner un deuxième terme qui me semble intéressant est pédagogie. Encore une fois voyons ce que dit le dictionnaire Larousse, cette fois je m’attarde sur la deuxième et troisième définition :

Pratique éducative dans un domaine déterminé ; méthode d’enseignement

Aptitude à bien enseigner, sens pédagogique

Pas vraiment de surprise, il s’agit là de la capacité à enseigner, faire passer un message ou savoir aux autres. Petit conseil gratuit ici : faites attention aux experts qui arrivent avec certitudes et solutions clé en main, il y a peu de chance que les résultats soient très satisfaisants. Les gens, la nature du projet, les objectifs et la culture de l’entreprise, le nombre d’intervenants…Autant de paramètres à prendre en considération et qui font que ce qui marche très bien chez les uns sera beaucoup moins efficace chez d’autres ! Comme le disait Constantin Guay dans un récent post sur LinkedIn :

Le Nutella c’est bon. Le saucisson c’est bon. Le Nutella au saucisson c’est moins bon. Est-ce la faute du Nutella ou du saucisson si ce mélange n’est pas à la hauteur ?

Ok, si on fait un premier bilan psychologie et pédagogie sont des atouts nécessaires vu la nature du rôle de coach agile. Par ailleurs, au-delà de ce qui est attendu, au quotidien les gens viendrons souvent vous voir pour discuter de leurs problématiques voir juste libérer un peu de poids de leurs épaules. Les réunions exutoires ça arrive et pour ma part je trouve ça bien. Si les personnes avec qui je travaille ont la confiance de me parler de tout (et de me dire également quand il ne sont pas d’accord avec moi ou pas contents) c’est que je ne m’en sors pas trop mal !

Si les personnes avec qui je travaille ont la confiance de me parler de tout c’est que je ne m’en sors pas trop mal

Solides connaissances ok, mais encore ?

C’est vrai ça, solides c’est très vague et chacun peut l’interpréter à sa façon. Faut-il avoir suivi une formation ? Posséder un diplôme particulier ? Suffit-il de s’intéresser au(x) sujet(s) ? Et comment fait-on pour aller plus loin ?

A l’heure où j’écris cet article se prépare le ZenikAgile Day, une journée consacrée à l’agilité et dont le sujet cet année est : des interactions et des émotions (plus que de simples individus). Tiens tiens, on dirait bien qu’on parle de psychologie là encore…Si vous êtes habitué des conférences sur le thème de l’agilité je ne vous apprends rien, on trouve toujours au moins une ou deux présentation qui traite de cette thématique, et les sujets sont très variés :

  • Communication Non Violente
  • Analyse Transactionnelle
  • Bio Types
  • Motivateurs intrinsèques
  • Tribal Leadership
  • Ennéagramme
  • MBTI
  • Montessori
  • Intelligence émotionnelle
  • Écoute active
  • Dette émotionnelle

La liste est longue mais le sujet central est toujours le même : l’individu et son rapport avec les autres au travers de la communication. Un coach, comme un manager, est avant tout quelqu’un qui travaille sur l’humain et pour ce faire il est important qu’il se connaisse bien lui-même et qu’il apprenne à connaitre les autres pour savoir comment se positionner afin de mieux les aider. Est-ce qu’une formation ou un diplôme sont nécessaires ? Non, clairement pas. D’ailleurs ni l’un ni l’autre ne sont gage d’une capacité quelconque à endosser la casquette de coach. Mais être intéressé par ces sujets est primordial !

Pour apprendre rien de bien compliqué : lire, expérimenter, discuter avec la communauté, réfléchir, remettre en question ce qu’on fait et ce qu’on pense…Personnellement je dédie beaucoup plus de temps à faire de la veille que lorsque j’étais développeur, peut-être que cela explique pourquoi je n’étais pas si bon développeur d’ailleurs 🙄 J’aime beaucoup lire (livres et articles confondus) et voir des vidéos mais participer à des conférences est un boost incroyable, on apprends beaucoup en peu de temps et j’en ressors toujours avec de nouvelles idées et perspectives. Il est assez facile d’apprendre lorsqu’on est intéressés et les sources d’informations sont très variés et accessibles (je vous mets quelques-un de mes favoris en fin d’article).

Bien faire son travail ça veut dire quoi ?

En voilà une bonne question ! La réponse, encore une fois, n’est pas unique. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on parle de plus en plus du contrat de coaching qui consiste à se mettre d’accord, dès le début de l’intervention, sur l’objectif visé et les règles pour chacun (coach et coaché (s)). Je ne suis pas forcément fan de l’idée de mettre tout dans un contrat, si on savait d’avance ce qu’on va faire aurait-on vraiment besoin d’un coach ? Et puis ne risque-t-on pas de réduire les opportunités en se focalisant sur un objectif trop contraignant ? Cependant il est important d’avoir une boussole qui permette de concentrer les efforts et surtout de démarrer : bilan de maturité, mise en place d’une ou plusieurs équipes sur un modèle d’agilité, formation des équipes et/où du management, accompagnement sur de l’amélioration continue, onboarding du business dans l’approche agile, formations d’agilistes, changement de culture d’entreprise…et bien d’autres choses voir tout ça ensemble. Il s’agit bien de différentes phases d’une transformation organisationnelle vers plus d’agilité mais jusqu’où veut/peut aller votre client ou entreprise est une question à se poser très tôt et quel que soit l’étape dans laquelle on décidera de s’arrêter il existe toujours des bénéfices. Je vous conseille d’aller jeter un coup d’oeil à l’Agile Fluency Model qui permet de mettre un peu les choses au clair.

Mais revenons-en à la question : ça veut dire quoi bien faire son travail pour un coach agile ? Et bien là aussi tout dépends du contexte ! Une communication plus fluide et directe, des équipes auto-organisées, des développeurs qui s’intéressent au business, une culture d’apprentissage constant, une meilleure gestion des dépendances, des employés pro-actifs et contents d’aller travailler dès le lundi, ou tout simplement des équipes qui ont compris Scrum et qui l’applique (liste non exhaustive 😉). L’important est de continuer à se poser des questions et remettre en cause la manière de faire car l’un de vos pires ennemis c’est avant tout l’inertie.

Alors, psychologue ou pas ?

Je n’irai évidemment pas jusqu’à dire qu’un coach agile est un psychologue, ce serait faux et prétentieux. Cependant être curieux, apprendre, se documenter et accroître constamment ses connaissances dans ce domaine me semble essentiel pour pouvoir faire ce métier et je suis convaincu que consciemment ou pas toutes celles et ceux qui ont choisi de s’y consacrer sont déjà sur cette voie 🤓


Pour aller plus loin

Comme promis, voici quelques liens de sources que je consulte régulièrement. LinkedIn et Twitter sont par ailleurs, évidemment, une sources inépuisables d’articles.

La chaine youtube Scrum Life. Si vous ne connaissez pas encore allez-y vite, vidéos courtes sur des sujets très bien traités

https://www.youtube.com/channel/UCMCnZGIOeLVO65-LBxkkHyQ/featured

Le blog de Jean-Pierre Lambert, créateur de Scrum Life

https://www.youtube.com/channel/UCMCnZGIOeLVO65-LBxkkHyQ/featured

Le compte Twitter de John Cutler

https://www.youtube.com/channel/UCMCnZGIOeLVO65-LBxkkHyQ/featured

Pour une piqûre de rappel, le site management 3.0 ne fais jamais de mal

https://www.youtube.com/channel/UCMCnZGIOeLVO65-LBxkkHyQ/featured

Si vous êtes en panne d’inspiration pour votre prochaine rétrospective, retromat est là pour vous

https://www.youtube.com/channel/UCMCnZGIOeLVO65-LBxkkHyQ/featured


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3 thoughts on “Le coach agile est-il un psychologue ?

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